DACOS. Moi, je me lève le matin, graveur.

Dès le 14 juin 2013, le Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL) présentera une exposition importante autour de la donation du graveur liégeois, DACOS, décédé il y a tout juste un an.

Personnage atypique, aux diverses facettes, DACOS a laissé des empreintes multiples et indélébiles, dans le milieu culturel liégeois, et bien au-delà.

Âgé d'une vingtaine d'années, en 1962, DACOS s'essaye à la gravure, sous les conseils de Jean Donnay (professeur à l'Académie des Beaux-Arts). Il explique son choix par le fait que c'est ce qu'il fait de moins mal. Le caractère collectif de l'atelier, où "on se sert tous des mêmes outils", mais aussi le temps de réflexion autour de la conception d'une gravure sont des aspects qui séduisent le graveur.

Au fil de sa vie, DACOS ressent un réel besoin de défendre et de promouvoir la gravure, partout où il va ; art bien souvent considéré comme le parent pauvre des arts graphiques. Il s'investit, sans compter, dans la création de projets, dans la collaboration d'ateliers, d'asbl, de maisons d'édition...

Débordant d'énergie et d'engagement, DACOS ressent les secousses du monde comme un sismographe intérieur. Artiste engagé, il réalise de nombreuses affiches pour la défense des Droits de l'Homme, pour les droits des enfants du Quart-Monde, pour le Chili, la Palestine. Souvent, ses gravures mêlent l'image aux mots, il y intègre des textes de Mahmud Darwich, de Pablo Neruda, de Julos Beaucarne. "Son parti, c'est l'image imprimée.[...] L'estampe pour dénoncer, critiquer, pousser à la réflexion et à l'action". (Louis Simaÿs)

DACOS est un graveur multiple qui pousse les limites de la gravure jusqu'aux extrêmes. Eau-forte, pointe sèche, lithographie, sérigraphie, offset, DACOS a tout essayé. Il innove sans cesse. Il découpe ses plaques, les perce, les ponce rendant ainsi un effet matériste. Il creuse, strie, hachure ses gravures aux formes figurées ou abstraites. Le rendu est varié, son oeuvre, monumental.

Conçue autour de l'importante donation que DACOS avait consciencieusement orchestrée en faveur du Cabinet des Estampes (désormais intégré au BAL), cette rétrospective évoque le parcours de l'artiste, de 1962 à 2012, à travers une centaine d'oeuvres, mais expose également des affiches, des calendriers, des livres d'artistes, des projets à 4 mains, selon une approche thématique.

DACOS avait fait de la gravure un art de vivre. Il gravait comme il respirait, il gravait comme il vivait.

"Moi, je me lève le matin, graveur".



Fanny MOENS
Collaboratrice scientifique au BAL

L'ancien site de Dacos où vous pourrez voir quelques oeuvres : http://dacos.org/graveur/

Un catalogue papier et en ligne est en préparation.



« Je grave comme je respire, mal
Je grave comme le voyageur qui ne connaît pas son chemin, qui doit s'y reprendre tout le temps, se trompant sans cesse de chantier.
Je grave comme je marche, avec des chaussures et des chaussettes qui prennent l'eau.
Je grave comme j'aime.
Je grave comme je déteste.
Je grave comme je fume.
Je grave comme je bois.
Mais bon je grave (presque) tout le temps »

(lettre de Dacos à Alicja Pochylczuk le 24 janvier 1999)


INFORMATIONS PRATIQUES

DACOS
Moi, je me lève le matin, graveur
Du 14 juin au 25 août 2013
BAL | Musée des Beaux-Arts de Liège, Salle Saint-Georges
Feronstrée 86 | 4000 Liège | Belgique
 
du mardi au dimanche, de 10h à 18h
fermé le lundi
5€ pour les adultes
3€ pour 12-18 ans, groupes, seniors, sans emploi
1,25€ pour Article 27
Gratuit pour -12 ans

Informations au : 04/221 89 11 ou sur : www.beauxartsliege.be ou sur : www.lesmuseesdeliege.be