"L'art de Dacos serait incompréhensible si on ne tenait compte de sa composante "politique". Sa création puise sa substance, non dans une quelconque tradition artistique ou culturelle mais dans une existence profondément vécue en tant qu'être social. Les grands drames de la politiques internationale l'interpellent : Viêt-nam, Chili, Palestine, Nicaragua... ; mais aussi, plus simplement la vie de tous les jours, avec ce qu'elle peut contenir de trivial, de dur, de complexe, de tourmenté, de déchirant. Son oeuvre suit ainsi les méandres de l'information autant que les soubresauts du quotidien. D'une gravure à l'autre se trace une histoire du monde contemporain, de sa confusion, son désordre, sa violence, autant que le drame indi-viduel de l'homme éclaté, de l'homme prisonnier dans un monde en transe".

"... Deux composantes ...... fondent sa vision : un sens très précis et rigoureux de la matière et une générosité structurante fondée sur la ligne. A cela s'ajoute une sorte de curiosité prospective pour les multiples possibilités expressives de la plaque de métal. Chez nul autre mieux que chez DACOS, on sent que le résultat de la planche imprimée est l'aboutissement d'un long dialogue - a moins que ce ne soit un combat - avec la plaque de cuivre. L'oeuvre n'est précédée d'aucune recherche ou calcul préalable. Elle s'édifie progressivement, sur la plaque, puisant en elle-même sa propre substance; Il y a échange permanent entre l'artiste et ses matériaux. Chaque état est un remise en question totale de l'image, et détermine ce qui doit disparaître ou apparaître. C'est ainsi que le produit final est un amalgame de moments de travail, où apparaissent alternativement l'artisan pratiquant son métier, l'homme clamant sa révolte et l'artiste dont l'intelligence ordonne le tout. L'emploi simultané de différentes techniques - griffures, morsures, découpes... - crée une sorte de fouillis visuel qui semble décourager une lecture trop rapide ou trop super-ficielle. Dans cet apparent fatras graphique se distinguent, en plus, des clichés photographiques, des silhouettes d'hommes et d'enfants, des fragments de textes.

Expression authentiquement tragique de la tragi-comédie vécue par l'homme de ce temps."

"Ce matériérisme aux résonnances existentielles ne donnerait naissance qu'à des oeuvres informes ou boursouflées si l'introduction, dans l'image, d'un cadrage géométrique strict ne créait un environnement spatial très précis, con-traignant même. La géométrie aère l'image, crée un contexte. La mise en page complexe joue souvent sur des carrés inscrits trouant la surface du papier ou in-vente une sorte de nouvelle perspective par plans successifs. L'espace est scindé, de même que le temps, ramené à un moment précis, celui de l'observation de la conscience de l'artiste. Ainsi, l'image de DACOS, toujours liée à la notion de temps -aventure personnelle ou "actualité" immédiate - se fonde sur un dispositif formel et spatial rigoureux et quasi immuable."

Jean-Pierre ROUGE, Art et Métiers du livre, 1989, n° 154, pages 77, 78 et 80.

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